Cardiogramme
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Intervention chirurgicale chez un porteur de défibrillateur

Comme pour un pace-maker, la recherche des précisions concernant le type de l’appareil, son âge et son mode de fonctionnement est essentielle en préopératoire ; il faut connaître le nombre de chocs administrés dans les derniers mois, s’assurer d’un contrôle cardiologique dans les 6 mois précédents, disposer d’un ECG récent et avoir une radiographie du thorax (Figure 20.22). Si l’on utilise des appareils électro-magnétiques au cours de l’intervention prévue (électrocoagulation, choc électrique, lithotripsie), les fonctions de cardioversion/défibrillation en cas de tachyarythmie doivent être impérativement supprimées, car elles pourraient déclencher des chocs intempestifs par mauvaise interprétation des interférences électriques [41,143]. Il faut également désenclencher la fonction cardioversion/défibrillation avant une intervention où le moindre mouvement peut être catastrophique (ophthalmologie, par exemple) ou avant la mise en place d’un cathéter pulmonaire dont la stimulation mécanique peut déclencher un choc [106].

Un aimant n’est pas utilisable pour reprogrammer en fréquence fixe la fonction pace-maker d’un défibrillateur, mais il inhibe en général le déclenchement des chocs électriques en cas de TV ou de FV. Il est prudent de se renseigner sur la réponse propre de chaque cas, car les nouveaux systèmes ont des réactions différentes et pourraient être reprogrammés de manière aléatoire si une interférence électromagnétique intervient pendant que l’aimant est appliqué sur le boîtier. Certains modèles ignorent les effets de l’aimant (appareils de Boston Scientific™ et de St Jude™). Si le mode asynchrone est recherché pour le peropératoire, il est nécessaire de reprogrammer l’appareil [41,123].

Les mêmes précautions que pour un pace-maker sont nécessaires en cours d’intervention :

  • Utilisation de thermocautère bipolaire ; utilisation de la fonction coagulation plutôt que de la fonction coupe ; épisodes de coagulation intermittents et brefs ; utilisation préférentielle de bistouri ultrasonique ;
  • Eloignement maximal de la plaque d’électrocoagulation par rapport au boîtier de défibrillateur ; éviter que les sondes se trouvent dans le circuit entre la coagulation et la plaque ; pas de coagulation à < 15 cm du boîtier ;
  • Un équipement de défibrillation doit impérativement être à disposition immédiate ; les plaques de défibrillateurs doivent être placées à plus de 10 cm du boîtier, et les énergies les plus faibles possibles sont recommandées.

Les réponses possibles d’un défibrillateur aux interférences électromagnétiques sont l’inhibition ou le déclenchement de la fonction pace-maker, un entraînement asynchrone, des chocs de défibrillation, ou des dommages à l’appareil. Ni les substances ni la technique d’anesthésie n’interfèrent avec le fonctionnement d’un défibrillateur.

 

Chirurgie en présence d’un défibrillateur implanté
Anamnèse, âge du boîtier, dernier contrôle (< 6 mois), nombre de chocs. ECG et radio du thorax (sondes, code du boîtier).
Les interférences électriques sont interprétées comme des arythmies et l’appareil déclenche des chocs de défibrillation. Les fonctions de cardioversion/défibrillation doivent donc être impérativement supprimées avant l’intervention. Un défibrillateur externe (patches collés au malade) assure la veille en salle d’opération.
L’application d’un aimant inhibe en général la fonction défibrillatoire (variable selon les modèles) mais ne convertit pas le pace-maker en mode asynchrone.