Cardiogramme
Logo   Accueil | Table des matières | Téléchargements | Liens |   Mentions légales   | Contact |Abréviations
Logo  

Représentations graphiques

Deux systèmes graphiques sont particulièrement adaptés à la représentation des effets hémodynamiques des valvulopathies. Ce sont la boucle pression/volume et la synchronisation pressions – flux (diagramme de Wiggers).

 

Boucle pression - volume

Le diagramme pression – volume (PV) est très utile pour illustrer les conditions de travail dans les valvulopathies. Il décrit un cycle cardiaque par une boucle tournant en sens anti-horaire et définie par quatre points: les conditions en télédiastole, en protosystole, en télésystole et en protodiastole (Figure 11.16). Si l’on modifie la précharge (hypovolémie, dérivés nitrés, remplissage par des colloïdes), la boucle PV est déplacée vers la gauche en hypovolémie ou vers la droite en hypervolémie, mais les points télésystoliques restent alignés sur une quasi-droite appelée élastance maximale (Emax), dont la pente est proportionelle à la contractilité ventriculaire; sa valeur normale est 4-5 mmHg/mL [9]. Elle est indépendante de la précharge, de la forme et de la taille du ventricule, mais reste partiellement dépendante de la postcharge [303].

La pente Emax est un des indices de contractilité les plus fiables. Elle se redresse en cas de stimulation sympathique et s’abaisse en cas de défaillance ventriculaire. La surface de la boucle P/V est le produit du volume systolique et de la pression générée par le ventricule; c’est l’équivalent du travail éjectionnel. En effet, la définition physique du travail est : masse x distance. En hydrodynamique, le travail est : pression x volume, soit (gm/cm2) · cm3 = gm · cm. La surface du triangle compris entre l'Emax, la courbe de compliance et la boucle PV est l’équivalent du travail de pression du ventricule (mise sous tension du système artériel).

 

Diagramme de Wiggers

La synchronisation des événements d’un cycle cardiaque est illustrée par le diagramme de Wiggers (Figure 11.17). Cette image permet de définir un certain nombre de termes d’utilisation courante.

  • a: onde de pression due à la contraction auriculaire en fin de diastole.
  • x: baisse de pression dans l’oreillette lors de sa diastole, qui survient pendant la systole ventriculaire; cette baisse a lieu en deux temps, interrompue par le décrochement "c". Le premier temps "x’" correspond à la relaxation de l’oreillette. Le deuxième temps "x’’ est dû à la descente de l’anneau mitral pendant la contraction longitudinale du ventricule gauche ; ce mouvement agrandit l’oreillette, dont la pression y diminue.
  • c: deux phénomènes sont en cause dans cette petite augmentation de la POG ; 1) bombement de la valve auriculo-ventriculaire en protosystole; 2) remplissage continu par les veines centrales alors que la paroi auriculaire a fini de se relâcher.
  • v: comme le retour veineux continue pendant la systole ventriculaire, la pression monte progressivement dans l’oreillette jusqu’à ce que celle-ci se vidange dans le ventricule en début de diastole. L’onde "v" commence donc en télésystole et se continue en protodiastole; son pic correspond au dicrotisme de la pression artérielle et au pic de vélocité du flux mitral E.
  • y: baisse de pression dans l’oreillette pendant que celle-ci se vidange dans le ventricule en diastole.
  • S: composante systolique du flux veineux cave et veineux pulmonaire; il se décompose en phases S1 (relaxation auriculaire) et S2 (descente de l’anneau mitral), correspondant aux descentes x’ et x’’. Le flux S est fonction de la différence de pression entre les grandes veines et l’oreillette (valve mitrale ou tricupide fermée).
  • D: composante diastolique du flux cave et veineux pulmonaire. Comme la valve auriculo-ventriculaire est ouverte à ce moment, ce flux est fonction de la différence de pression entre les grandes veines et le ventricule.
  • A: flux sanguin dû à la contraction auriculaire; il est antérograde à travers les valves tricuspide et mitrale. Comme il n’y a pas de valvules dans les veines caves ni dans les veines pulmonaires, la contraction auriculaire génère également un flux rétrograde bref (Ar) dans les grandes veines centrales.
  • E: flux auriculo-ventriculaire passif en début de diastole; normalement, il représente 80% du remplissage ventriculaire. Sa vélocité est liée au niveau de la pression auriculaire et à celui de la dépression intraventriculaire en protodiastole (effet de succion); le pic de vélocité du flux mitral (Vmax 0.8 – 1.0 m/s) correspond au pic du – dP/dt intraventriculaire et au pic de l’onde "v" auriculaire.

Les vélocités des flux enregistrés à l’échocardiographie Doppler sont commandées par le gradient de pression instantané entre la cavité d’amont et la cavité d’aval. Le pic de vélocité du flux sanguin correspond au gradient maximal. Par convention, on considère que la systole s’étend de la contraction isovolumétrique jusqu’à la fermeture de la valve aortique (phases 1-2), et la diastole depuis la relaxation isovolumétrique jusqu’à la fermeture de la mitrale (phases 3-4-5-6-7). Mais la phase de consommation d'O2 du cycle cardiaque correspondant à la systole myocardique s’étend en réalité de la contraction isovolumétrique jusqu’au pic de dépression intraventriculaire protodiastolique (pic de Vmax du flux mitral E, valeur maximale du –dP/dt). Physiologiquement, la systole s’étend donc jusqu’au pic du flux E, et la diastole commence à la décélération de ce flux, parce que la relaxation protodiastolique est un phénomène actif consommateur d'O2 correspondant à la persistance de la contraction des fibres obliques sous-épicardiques (voir Chapitre 5, Relaxation diastolique).

 

Représentations graphiques
La boucle pression-volume représente l’évolution d’un cycle cardiaque; sa surface est équivalente au travail éjectionnel. L’élastance maximale (Emax) est une quasi-droite définie par les points télésystoliques du ventricule au cours de variations de précharge; sa pente est un excellent indice de contractilité.
La synchronisation des flux et des pressions montre que le pic de flux correspond au pic de la pression d’amont et au nadir de la pression d'aval.

 

La suite...