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Aspirations

Beaucoup de sang revient constamment dans le champ opératoire lors de cardiotomie et s’ajoute à l’hémorragie chirurgicale. Comme il s’agit de chirurgie “propre” et comme le malade est hépariné, tout ce sang est récupéré dans le réservoir de cardiotomie de la machine par des aspirations qui fonctionnent au moyen de pompes à galets comme la pompe principale; leur débit règle la force de l’aspiration. L’aspiration dite “gauche” décharge les cavités cardiaques gauches dans lesquelles la circulation bronchique déverse du sang en continu ; la canule est introduite dans la racine aortique, dans une veine pulmonaire, dans le ventricule gauche ou dans l’artère pulmonaire. L’aspiration dite “droite” aspire le sang du champ opératoire et des plèvres.

Le sang ainsi récupéré contient de l’air, des activateurs de la coagulation et de l’inflammation, des lobules de graisse, des aggrégats cellulaires et diverses particules qu’il s’agit de filtrer. Les aspirations sont la source principale d’hémolyse, de dénaturation protéique, de microembolies, de perte de plaquettes, de troubles de la coagulation et d’activation du syndrome inflammatoire [56,335]. Pour chaque heure supplémentaire de CEC, la charge embolique due aux aspirations augmente de 90% [60]. Pour diminuer ces défauts, on draine souvent le sang dans un réservoir intermédiaire où il est momentanément stocké et traité par des filtres micropores et par des mousses anti-émulsion. Dans le champ opératoire, il est important que les canules aspirent le moins d’air possible, et que la dépression aspirative soit au minimum nécessaire à maintenir le site propre. Les aspirations de CEC sont utilisées dès que l’anticoagulation est établie (ACT > 400 sec) et jusqu’au début de l’administration de protamine.

Le liquide aspiré dans le péricarde contient une très grande quantité de facteur tissulaire (tissue factor TF) ; celui-ci active directement les facteurs X et XI de la cascade de coagulation, conduisant à la production de thrombine [280]. Ainsi la réponse locale déclenchant la chaîne coagulatoire est distribuée dans tout l’organisme lorsque le sang aspiré est déversé dans le réservoir de cardiotomie.

On peut «détoxifier» le sang aspiré dans un système de centrifugation comme le CellSaver™. L’avantage est de concentrer les érythrocytes et d’éliminer les microaggrégats, les débris, les facteurs activés (facteur tissulaire, cytokines, radicaux libres, etc) et les électrolytes (potassium) ; les perturbations du système coagulatoire sont nettement diminuées lorsqu’on ne recycle pas directement le sang aspiré sans le laver. Mais cette manoeuvre de lavage retarde la mise en recirculation du sang aspiré et élimine malheureusement les plaquettes, les protéines et les facteurs de coagulation [374].

 

 

 

Aspirations
Le champ opératoire étant propre et le patient anticoagulé, le sang perdu par hémorragie peut être filtré, lavé et récupéré. Malheureusement, ce sang contient beaucoup de déclencheurs inflammatoires et d’activateurs de la coagulation, et son lavage (CellSaver™) élimine les plaquettes et les facteurs de coagulation.

 

 

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