Cardiogramme
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Remarques pratiques

Chacune des vues décrites est une tomographie et met en évidence certaines structures sous un certain angle. Cette constatation a trois conséquences :

  • Un examen doit toujours être complet, même lorsqu’il s’agit d’un simple monitorage. Seul cet examen complet permet de cadrer les pathologies dans le contexte global de l’anatomie fonctionnelle du coeur et de découvrir des lésions inattendues (3-7% des cas).
  • Toute structure et toute anomalie doivent être évaluées dans plusieurs plans (au minimum dans deux plans orthogonaux) en balayant (scanning) au mieux la totalité de l’objet ; il en est de même pour les flux.
  • Il est judicieux de commencer par une vue 4-cavités mi-oesophage, qui offre la meilleure vue d’ensemble des 4 chambres cardiaques et de leur remodelage en fonction de la pathologie.

Le balayage et les changements de plans ne doivent pas être trop rapides, de manière à permettre une observation optimale des structures. Lorsqu’on modifie la position de la sonde, il est judicieux de remettre le capteur à 0° pour faciliter le repérage dans l’espace.

L’échocardiographie est une technique très sensible aux artéfacts, susceptible de mettre en évidence une foule d’anomalies dont beaucoup sont sans signification clinique. Il est de la plus haute importance d’apprendre à différencier ce qui est significatif de ce qui est anodin, notamment lors de découvertes fortuites. Ces dernières doivent toujours être confrontées à l’éventuel remaniement des cavités cardiaques (remodelage) et à la situation clinique, afin de trier ce qui n’est qu’artéfactuel. Le contexte clinique du patient est capital. C’est en confrontant les trouvailles échocardiographiques avec le status et l’anamnèse du malade que l’on établira la signification réelle des anomalies observées, ou que l’on fera le diagnostic différentiel entre deux lésions d’apparence similaire (végétations endocarditiques ou prolapsus mitral, par exemple).

Chaque image doit être examinée avec un oeil neuf et neutre, en évitant de se laisser influencer par les diagnostics déjà connus et par les descriptions d’examens précédents. Le plus sûr est de ne jamais lire les rapports échocardiographiques existants avant de commencer un examen. Comme tout acte médical, l’examen ETO est consigné dans un rapport écrit complet et conservé par un enregistrement vidéo ou numérique qui est archivé.

 

Rapport d'examen

Tout examen échocardiographique fait l'objet d'un rapport écrit. L'écho peropératoire n'échappe pas à cette règle. Cette nécessité est justifiée par les informations importantes que fournit l'ETO pour le suivi du patient, notamment pour les intensivistes et les cardiologues qui seront en charge du malade. Le rapport poursuit plusieurs buts [40a].

  • Information concernant les décisions prises en salle d'opération ou aux soins intensifs, particulièrement en cas de modification de la stratégie chirurgicale prévue ou de nouvelle indication opératoire; information concernant la fonction cardiaque, particulièrement si elle s'est avérée sifférente des examens précédents ou si elle s'est modifiée en cours d'opération.
  • Possibilité de comparaison avec les études précédentes.
  • Aide à l'enseignement: clarification des données lors de leur mise par écrit, sélection des priorités, synthèse des différents éléments, documents en vue d'une accréditation.
  • Possibilité d'un contrôle d'activité au sein du service (audit); évaluation de l'impact médical et chirurgical des examens accomplis.
  • Recherche épidémiologique (base de données).
  • Archivage des évènements peropératoires en cas d'action médico-légale.

 Bien qu'il existe prequ'autant de types de rapport que d'institutions qui pratiquent l'ETO, on peut dégager certaines règles générales [40a]. Le rapport ETO périopératoire doit contenir un faisceau d'informations.

  • Données administratives: coordonnées du patient et de l'examinateur, lieu de l'examen, appareil utilisé;
  • Indication(s) de l'examen;
  • Conditions hémodynamiques et leurs modifications au cours de l'intervention;
  • Examen de base avant intervention (pré-CEC); examen complet, description détaillée des découvertes fortuites ou des désaccords avec les examens précédents; mention des décisions prises en fonction de l'ETO et des éventuelles modifications de la stratégie chirurgicale ou médicale/anesthésique;
  • Description des images 2D (le cas échéant 3D), des mesures dimensionnelles et fonctionnelles, des flux et mesures Doppler; description des 4 cavités, des valves, des flux, de l'aorte thoracique et du pépricarde (Tablesu 25.2);
  • Description des lésions pathologiques du cas particulier;
  • Examen après correction chirurgicale (post-CEC); évolution de la fonction ventriculaire et de la volémie, fonctionnement de prothèse, résultat de plastie, cinétique segmentaire, éventuelle lésion résiduelle;
  • En fin d'opération, examen rapide de toutes les structures avant le retrait de la sonde; incidence significative de découvertes inattendues (tamponnade, pneumothorax, thrombus intracavitaire, dissection aortique, etc).
Examen rapide : les 12 vues minimales
Vues mi-œsophage rétrocardiaques
- 4-cavités (0-20°)
- 4-cavités + flux couleur des valves tricuspide (IT) et mitrale (IM)
- 2-cavités (90°)
- Long-axe du VG (120°)
Vues oesophagiennes hautes (basales)
- Court-axe de la valve aortique (40°)
- Chambre admission – chasse du VD (60°)
- Long-axe valve aortique (120°) + flux couleur (IA) + aorte ascendante
- Vue bicave (100°)
Vues transgastriques
- Court-axe VG (0°)
- Long-axe VG (120°) + flux aortique
- Chambre admission VD (90-110°)
Vue postérieure
- Aorte descendante

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