Cardiogramme
Logo   Accueil | Table des matières | Téléchargements | Liens |   Mentions légales   | Contact |Abréviations
Logo  

Indices myocardiques tissulaires

De nouvelles technologies permettent de quantifier la contraction myocardique au niveau tissulaire, telles le Doppler tissulaire (Figure 25.16) et le speckle-tracking (Figure 25.17) . Il est ainsi possible de mesurer la contraction de chaque segment indépendamment des mouvements de rotation et de translation de la paroi ventriculaire. Au Doppler tissulaire (DT), l’analyse n’est possible que dans l’axe des ultrasons : en position rétrocardiaque on observe la contraction – relaxation de la musculature longitudinale latérale (4-cavités), septale (4-cavités) ou antérieure (2-cavités) ; la contraction radiaire n’est analysable qu’en voie transgastrique (paroi antérieure et postérieure). La contraction longitudinale est particulièrement intéressante à analyser, car elle est dominée par les fibres sous-endocardiques qui sont les plus vulnérables à l'ischémie. Le raccourcissement longitudinal est de 15-20% alors que le raccourcissement radiaire est de 25-45%. La systole est caractérisée par un déplacement S’ de vélocité 8-15 cm/s, bien corrélé à la FE [139]. La Vmax est la plus élevée dans les segments basaux du VG. Le mouvement S’ est précédé d’un bref déplacement lié à la contraction isovolumétrique.

On peut également évaluer la déformation locale par deux mesures segmentaires :

  • La déformation par rapport à la forme initiale ou strain  (ε) : ∆L / L0 (%) ;
  • La vitesse de déformation ou strain rate (SR) : ε / ∆t (s-1) ; la SR est aussi la différence de vélocité (V) aux extrémités du segment de longueur L : ∆V/∆L (s-1).

Un segment de 2 cm qui s’allonge de 0.4 cm présente une déformation de 0.4/2 = 20% ; cette déformation est positive en cas d’allongement (diastole) et négative en cas de raccourcissement (systole). Si cette déformation a lieu en 2 secondes, la SR est de 20%/2 = 0.1 s-1. Ces mesures de déformation tissulaire tiennent compte de l’hétérogénéité physiologique de la contraction du VG, dont les parois antérieure et latérale se contractent davantage que les parois postérieure et septale ; elles permettent aussi d’identifier et de quantifier les ACS et les désynchronisations.

La courbe de SR au cours d’un cycle cardiaque ressemble à celle des vélocités tissulaires ; on peut notamment y mesurer de manière fiable la pente d’accélération de la contraction isovolumétrique (normal : 3.0 m/s2), qui est un excellent marqueur de la contractilité myocardique, indépendant de la postcharge et de la fréquence (Figure 25.72) [158].

La suite...