Cardiogramme
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Formation en ETO

L’échocardiographie est une spécialité de cardiologie qui a une place éminente en salle d’opération et aux soins intensifs. Comme les anesthésistes et les intensivistes sont plus familiers que les cardiologues avec l’instabilité et la physiopathologie particulière de la période périopératoire, il est logique qu’ils empruntent cette technologie pour améliorer la prise en charge de leurs patients. Dans ce contexte, il arrive cependant qu’ils soient confrontés à des diagnostics de nature cardiologique [54]. Ils doivent avoir les compétences pour les reconnaître et travailler en étroite collaboration avec leurs collègues cardiologues. Une étude menée en chirurgie cardiaque pédiatrique illustre ce point par une analyse de l’impact de l’ETO pendant deux périodes différentes dans la même institution [141]. Pendant la première phase de l’étude, l’échocardiographie était réalisée par un clinicien (cardiologue ou anesthésiste) formé en ETO dans les cardiopathies congénitales; pendant la deuxième phase, l’anesthésiste responsable du cas devait mener de front l’ETO et l’anesthésie, alors qu’il n’avait pas suivi de formation particulière concernant les cardiopathies congénitales. L’auteur a trouvé des différences significatives entre les deux périodes, portant sur le taux de retour en pompe pour correction incomplète (9.6% dans la première période versus 0% dans la deuxième) et la détection de problèmes résiduels en sortant de CEC : dans la deuxième période, des défauts résiduels ont été manqués chez 14% des enfants, ce qui a nécessité une réopération ultérieure. Le bénéfice pour les patients et la crédibilité des anesthésistes dépendent donc d’un standard de formation élevé.

Cette formation des anesthésistes et des intensivistes doit être de même qualité que celle des cardiologues [159] : formation théorique, apprentissage pratique dans un centre d’enseignement reconnu, stage au sein d’une unité cardiologique, formation continue [86]. Aux Etats-Unis, l’American Society of Echocardiography (ASE) et la Society of Cardiovascular Anesthesiologists (SCA) ont conjointement mis au point des documents sur les compétences requises pour pratiquer l’échocardiographie transoesophagienne périopératoire [18,86,150,151]. L’exigence est de 150 examens surveillés pour le degré I (anesthésistes capables de réaliser un examen complet mais travaillant sous supervision) et de 300 pour le degré II (anesthésistes pouvant travailler de manière indépendante et pouvant gérer la surveillance des anesthésistes de degré I). Un examen sanctionne la formation en échocardiographie (voir : www.scahq.org). En Europe, l’EACTA (European Association of CardioThoracic Anaesthesiology) a mis sur pied un cours de formation et un examen de capacité avec une exigence de 150 examens dont 125 réalisés personnellement sur 2 ans et prouvés par un rapport complet (voir : www.eacta.org) [114a].

En Suisse, des discussions entre la commission pour l’ETO de la Société Suisse d’Anesthésie et de Réanimation (SSAR) et la Société Suisse de Cardiologie (SSC) ont défini la formation nécessaire et le champ d’application de l’ETO périopératoire en anesthésie. Quatre exigences ont été retenues [159]

  • Un enseignement théorique (40 heures) ;
  • Une formation clinique adéquate (degré I : 150 examens supervisés, degré II : 300 examens supervisés) ;
  • Un examen sanctionnant la formation (celui de l’EACTA ou de la SCA) ;
  • Une formation continue personnelle et une pratique d’au moins 50 examens/année.

Les anesthésistes ainsi formés sont habilités à faire des examens transoesophagiens chez des patients intubés en salle d’opération, aux soins intensifs ou au déchocage. Cet accord ne comprend pas l'examen transthoracique, qui reste du domaine de la cardiologie. Une dérogation verra le jour prochainement avec l'utilisatiuon des échographes "de poche" limitée au triage rapide (voir Formation des intensivistes). L’examen échocardiographique est un acte médical qui doit faire l’objet d’un rapport joint au dossier médical du patient et d’un archivage le plus souvent sous forme digitale.

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