Cardiogramme
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Syndrome inflammatoire systémique

Une intervention de chirurgie cardiaque déclenche une vigoureuse réponse de défense de la part de l’organisme. Le syndrome inflammatoire systémique (Systemic Inflammatory Reaction Syndrome ou SIRS) est l’aboutissement commun d’une série de modifications hématologiques, sériques, immunes, protéiques et toxiques déclenchées par un série de phénomènes: le contact du sang avec les surfaces étrangères du circuit de CEC ou avec l’air, l’héparinisation, les aspirations de cardiotomie, l’hypothermie, l’ischémie, l’exclusion des poumons, les variations de flux, de pression et de débit. Environ 20% des patients à bas risque développe des complications liées au SIRS [143]. Le sujet a fait l’objet d’innombrables publications ces dernières années, et les conclusions concernant la portée clinique des différents mécanismes sont souvent contradictoires (voir Chapitre 7 Syndrome inflammatoire systémique).

Les endotoxines, le système du complément et les cytokines sont les éléments humoraux de la réaction; ces médiateurs humoraux sont activés par le contact avec des surfaces étrangères et avec l’air (champ opératoire, réservoir de CEC) et/ou par l’ischémie et la reperfusion (clampage et déclampage aortique). Ils activent les neutrophiles et les cellules endothéliales. L’adhésion des leucocytes à ces dernières est l’étape initiale de la réaction inflammatoire; elle est déclenchée par l’expression de molécules spécifiques à la surface des deux types de cellules; les leucocytes peuvent alors migrer dans l’espace extravasculaire, où ils libèrent leurs toxines (protéases et radicaux libres) qui endommagent les tissus voisins. Au niveau de la muqueuse intestinale, ces réactions permettent le passage d’endotoxines qui se répandent dans la circulation (Figure 23.14). Selon son intensité, le SIRS déclenche des lésions fonctionnelles dans tous les organes ; il porte une lourde responsabilité dans les déficiences multi-organiques postopératoires.