Cardiogramme
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Sevrage ventilatoire

Transfert

Le transfert jusqu’à l’Unité de surveillance postopératoire est toujours un moment critique, parce que l’attention que l’on porte au malade est pénalisée par les conditions du déplacement, et parce que les possibilités d’intervenir en cas de problème aigu sont réduites. Quelle que soit la distance à parcourir, on doit pouvoir assurer l’équilibre hémodynamique et la ventilation en toute autonomie, avec une FiO2 de 1.0 par sécurité. A cet effet, il faut disposer d’un monitorage minimal (ECG, pulsoxymètrie, mesure invasive de la pression artérielle), d’un ventilateur, de perfusions de réserve (sang, colloïdes ou cristalloïdes selon les besoins), d’O2 et de médicaments d’urgence (hypnogène, analgésiant, curare, catécholamine, vasopresseur et anti-arythmique).

L’anesthésiste responsable d’un malade connaît les besoins et les réactions de celui-ci depuis plusieurs heures ; il a suivi le déroulement de l’intervention et en a évalué les résultats à l’échocardiographie. Ces renseignements sont extrêmement précieux pour le suivi postopératoire, particulièrement lorsque l’équipe qui le prend en charge aux soins intensifs est différente de celle qui s’en est occupé en salle d’opération. Il est judicieux qu’ils soient consignés dans un document écrit, dont un exemple est illustré à la Figure 23.1. Parmi ces données, figurent entre autres :

  • Diagnostic et indication opératoire précis ;
  • Technique d’anesthésie, équipement, difficultés éventuelles ;
  • Titre détaillé de l’intervention, voie d’abord ;
  • Examen échocardiographique transoesophagien avant l’intervention ;
  • Particularités hémodynamiques et ventilatoires ;
  • Déroulement de la circulation extra-corporelle (CEC) ;
  • Sortie de CEC, soutien hémodynamique ;
  • Examen échocardiographique transoesophagien après la correction chirurgicale ;
  • Particularités hémodynamiques après CEC ;
  • Fonction pulmonaire (gazométrie) et rénale ;
  • Bilan métabolique et hydro-électrolytique de l’opération et de la CEC (perfusions, diurèse, hémofiltration) ;
  • Hémostase, hémorragie éventuelle, bilan sanguin et coagulatoire.

Bien que l’anesthésiste puisse se sentir au terme de sa tâche à l’arrivée aux soins intensifs, aucun relâchement ne doit intervenir avant que le patient ne soit adéquatement ventilé (volume courant < 10 mL/kg) et complètement monitoré, que les drains soient branchés, et que son hémodynamique soit stabilisée. Le passage des catécholamines d’un système de pompe à un autre est toujours le moment où surviennent des à-coups dans le débit des perfusions (changement de hauteur des pompes sur les statifs, risque de bolus excessif ou d’interruption momentanée). Le fonctionnement du pace-maker est contrôlé ; on procède à un ECG, à des examens de laboratoire, à une gazométrie, à une hémodynamique complète et à une radiographie du thorax.

 

Transfert
Le transfert est un moment critique qui ne doit interrompre ni la surveillance ni la prise en charge, mais qui les complique. L’autonomie doit être suffisante pour assurer la ventilation, les perfusions, le suivi pharmacologique et la réanimation.

 

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