Cardiogramme
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Neuropathies périphériques

En général, les malades signalent ces complications neurologiques dans un deuxième temps, souvent à la sortie de l’hôpital. La plupart récupère progressivement en l’espace de 6 à 12 mois. Plusieurs faisceaux nerveux sont à risque au cours d’une intervention de chirurgie cardiaque [101].

 

Plexus brachial et nerfs de l’avant-bras

A la sortie des trous de conjugaison, les racines du plexus brachial cheminent entre la clavicule et la première côte pour rejoindre le creux axillaire et se répartir en tronc nerveux périphériques. Plusieurs types de lésions peuvent survenir.

  • La rétraction sternale provoque une rotation vers le haut de la première côte et pousse la clavicule postérieurement ; la combinaison de ces deux mouvements étire et comprime le plexus brachial ;
  • L’écarteur en place pour le prélèvement de l’artère mammaire interne augmente la traction sur le plexus et aggrave la situation ;
  • Les bras en position écartée en croix étirent le plexus au niveau axillaire ;
  • Chez les patients très obèses, le bourrelet adipeux latéro-thoracique et la graisse de la face interne du bras peuvent comprimer le plexus axillaire lorsque les bras sont positionnés le long du corps ;
  • Une ponction jugulaire interne trop profonde peut léser une racine du plexus ;
  • Les tubulures, des robinets ou des électrodes peuvent appuyer sur une zone de l’avant-bras et léser un tronc nerveux sous-jacent : radial à la face interne du bras, médian au niveau du poignet, cubital dans la gouttière de l’épitrochlée ;
  • Le grand âge et la durée de l’opération sont des facteurs aggravants.

Ces lésions ne sont pas exceptionnelles puisque leur incidence voisine 5% des cas, mais seul 0.3% des patients présente une neuropathie persistante [107,232]. La prévention de cette lésion réside essentiellement dans une installation minutieuse des malades sur la table d’opération.

 

Lésion du nerf phrénique

Le nerf phrénique gauche chemine sur le péricarde, alors que le droit est plus profond, situé le long de la veine cave. Ils peuvent être lésés par hypothermie lorsqu’on place de l’eau glacée dans le péricarde pour refroidir le cœur. Ils peuvent également être ischémiés lors du prélèvement de l’artère mammaire interne, dont une des premières branches est l’artère péricardo-phrénique qui vascularise le phrénique ipsilatéral. Un examen soigneux révèle qu’une lésion phrénique est présente dans 26% des pontages aorto-coronariens, le plus souvent à gauche [70]. Le pronostic est en général excellent, sauf chez les patients souffrant de BPCO ou d’insuffisance respiratoire.

 

Paralysie récurrentielle

Le nerf récurrent gauche descend dans le thorax et tourne autour de la crosse de l’aorte, alors que le récurrent droit fait sa boucle au niveau du défilé cervico-thoracique. Une lésion récurrentielle est la conséquence de plusieurs phénomènes : dissection chirurgicale du médiastin, ponction veineuse centrale, compression par la sonde d’échocardiographie transoesophagienne, auxquels s’ajoute la lésion des cordes vocales lors de l’intubation. La paralysie d’un nerf récurrent récupère en 8 à 12 mois [207].

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