Cardiogramme
Logo   Accueil | Table des matières | Téléchargements | Liens |   Mentions légales   | Contact |Abréviations
Logo  

Contraction du VD

L’architecture du VD est différente de celle du VG, car son origine embryologique n’est pas la même. Alors que le VG provient du tube cardiaque primitif retourné sur lui-même, le VD est issu du champ cardiaque antérieur situé dans le mésoderme pharyngien, en continuité avec le VG du côté céphalique (voir Annexe D Figure D.13) ; ce champ donne naissance à la majeure partie du VD et aux deux chambres de chasse. Le VD est constitué d’une chambre d’admission basée sur l’anneau tricuspidien, d’un corps central très trabéculé enroulé en forme de croissant autour du VG, et d’une chambre de chasse (CCVD) cylindrique connectée à l’AP. Sa section transverse est en forme de demi-lune (voir Figure 5.13). La masse musculaire du VD est 1/6ème de celle du VG ; l’épaisseur de la paroi libre du VD est de 4-5 mm environ. Les fibres musculaires longitudinales sont sous-endocardiques et les fibres circulaires disposées à l’extérieur : le VD ne possède que deux couches de fibres myocardiques, contrairement au VG qui en a trois. La contraction du VD est liée à plusieurs mécanismes (Figure 5.32) [158,159,344] :

  • Contraction longitudinale base → apex → CCVD séquentielle en un mouvement péristaltique autour du VG ; c’est l’élément principal. La contraction longitudinale du VD débute à la chambre d’admission (région sous-tricuspidienne) et se propage jusqu’à la CCVD en 50-80 msec.
  • Raccourcissement radiaire de la paroi libre ; ce raccourcissement en court-axe dû aux fibres circulaires est peu important.
  • Le VD subit une torsion anti-horaire globale de 20-25° due à l’obliquité de sa musculature longitudinale ; elle consiste en une brève rotation horaire à la base suivie d’une rotation anti-horaire majeure.
  • Epaississement du septum interventriculaire dû à la contraction gauche. Par ce biais, le VG fournit 40% de la pression systolique du VD et assure une compression transverse de la cavité droite.
  • Le VG contribue également à la contraction de la paroi libre du VD par la traction des fibres communes aux deux ventricules au niveau des sillons interventriculaires ; à la base, une partie des fibres circulaires établit une continuité entre les deux ventricules.

En cas d’insuffisance ventriculaire droite, seule la contraction de la paroi libre du VD donne une idée réelle de sa dysfonction, parce que la contractilité des autres régions est soit soutenue par celle du VG (fibres circulaires communes à la base, contraction du septum) soit augmentée à cause de sa richesse en récepteurs β (chambre de chasse droite).

Le pic de pression systolique est plus tardif que dans le VG (voir Figure 5-103). La phase de contraction isovolumétrique est quasi-inexistante, parce que la pression du VD atteint rapidement la valeur de la PAP ; l’éjection débute beaucoup plus tôt que celle du VG, et se poursuit pendant la phase de relaxation isovolumétrique, qui est plus basse que celle de l’aorte. Le volume télédiastolique du VD est plus grand que celui du VG (50-100 mL/m2 versus 40-80 mL/m2) ; de ce fait, sa fraction d’éjection est plus basse (0.4 à 0.6) puisque les deux ventricules doivent maintenir un débit/minute rigoureusement identique [159]. Lorsqu’il s’hypertrophie parce qu’il fonctionne comme ventricule systémique (transposition des gros vaisseaux, par exemple), le VD présente une contraction à prédominance radiaire/circulaire et perd son mouvement de rotation [303]. Plus il est hypertrophié, plus sa physiologie ressemble à celle du VG.

 

Contraction du VD
La contraction du VD comprend 4 mouvements différents:
- contraction longitudinale péristaltique de la base vers l’apex et la CCVD; mouvement de
propulsion principal;
- contraction radiaire de la paroi libre; contribution peu importante au volume systolique;
- torsion de 20-25°;
- apport important du VG: épaississement du septum et traction sur les fibres circulaires
communes aux 2 ventricules; 40% de l’éjection systolique du VD est fournie par le VG.

 

La suite...